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   Cher public,  ​

 Notre dernière conférence de l'année universitaire 2025-2026 s'est tenue le 20 juin 2026. Elle portait sur l'"Histoire des Grands Magasins - Au Bon Marché : Aristide et Marguerite Boucicaut".

 En introduction, notre conférencier a dressé le portrait du couple Boucicaut ou plus exactement d'Aristide Boucicaut (1810- 1877) et de sa compagne puis épouse, Marguerite née Guérin (1816- 1887).

Fils de chapeliers dans l'Orne, Aristide Boucicaut travaille très jeune comme commis auprès d'un colporteur puis, de petit métier en petit métier, devient salarié au Bon Marché, à Paris, rue de Sèvres, créé par les frères Videau.

Marguerite Guérin, née à Verjux (71), petite gardienne d'oies, monte elle aussi très jeune à Paris. D'abord blanchisseuse, elle ouvre le premier "Bouillon" rue du Bac.

Un fils, Anthony-Aristide, nait en 1839 ; ses parents se marieront en 1848.

Le père puis le fils décéderont à deux ans d'intervalle, laissant Marguerite Boucicaut à l'entière direction du Bon Marché pendant encore 10 ans.

 

 Le premier "grand magasin", BENNETT'S a été créé, en Grande-Bretagne, à Derby en 1734 et disparut en 2019. 

A Paris, dans la seconde partie du XVIIIème siècle, quelques "magasins de nouveautés" apparaissent dont Les Deux Magots, La Belle Jardinière ou Les Trois Quartiers (1827) au style Art Déco (actuellement IKEA).

Toujours en Grande-Bretagne, AUSTIN'S s'ouvre en 1832 avec le début des "department store".

En France, le Petit Saint-Thomas est fondé par Alexandre Legentil, très novateur dans le domaine commercial, dont s'inspirera Aristide Briand qui a indiscutablement la bosse du commerce !

En effet, de simple salarié, il s'associe d'abord aux frères Videau en 1852 pour racheter leurs parts en 1863. 

300 m² - 12 employés - 4 rayons à l'origine pour atteindre, entre 1869 et 1887, 50 000 m², 1788 employés (la moitié en personnel féminin), en s'étalant sur les rues de Sèvres, du Bac et Velpeau.

Leur chiffre d'affaires passe de 7 millions en 1862 à 21 en 1869 pour arriver à 72 millions en 1877 !

 La révolution industrielle et commerciale est passée par là. Les bases du commerce actuelle sont jetées : conditions de travail, vente par correspondance, le "Blanc" de janvier. S'y associe une politique sociale très avancée : cantine pour le personnel, chambres pour les jeunes employées, assistance médicale, congés payés, caisse de prévoyance et de retraite, intéressement, commission à la vente, cours de langues (anglais, allemand, italien) et de musique et une pincée de catholicisme "social" inspiré de Lamennais, prêtre, théologien, écrivain, philosophe et homme politique français.

 Les Boucicaut, outre leurs biens immobiliers classés, sont sensibles à l'art contemporain (Gustave Courbet, notamment) ; leurs collections se retrouvent aux musées du Louvre, du Luxembourg et d'Orsay. 

Madame Boucicaut pense à construire un hôtel, le Lutétia (1910), pour les dames qui viennent en touristes visiter Paris et accessoirement, acheter dans son Bon Marché. 

L'approche sociale qu'ils ont su développer au coeur du Bon Marché, quoique parfois contestée et contestable, se traduira par des actions caritatives nombreuses déjà de leur vivant.

Au décès de Madame Boucicaut, l'héritage s'élèvera à 100 millions de franc or qui iront à l'Assistance Publique des Hôpitaux de Paris :

   - l'hôpital Boucicaut (1897), l'Institut Pasteur (1888), des "maternités" Boucicaut (maisons refuges pour les jeunes mères célibataires)

 Au Bon Marché devient ensuite une société anonyme et continue de se développer dans les villes d'eau (Vichy, Biarritz) et à l'étranger (Alger). "La grande épicerie" avec son rayon vins naîtra en 1923. Le nouveau magasin est inauguré en 1924 (style Art Déco).

LVMH le rachètera aux BOUSSAC et deviendra LE BON MARCHÉ sur 30 000 m², avec 1800 employés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Cette histoire vous a été présentée par Claude Lyonnet, professeur d'histoire-géographie, agrégé de géographie, diplômé de l'Université de Paris I Panthéon Sorbonne. Il a enseigné au lycée militaire de Saint Cyr puis dans différents établissements bourguignons.

Boursier de la Fondation Fulbright et auditeur chercheur à l'université de Minneapolis Saint-Paul en 1984, Claude Lyonnet est également diplômé de l'Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale (IHEDN). 

Il donne régulièrement des conférences dans les Universités Pour Tous de Bourgogne, dans les clubs rotariens ou à l'IHEDN.

 NB : un cours, en littérature, vous sera proposé à la rentrée 2026-2027 sur le roman d'Emile Zola, "Au bonheur des dames" (Sandy Vercruyssen) 

 Notre conférence de rentrée se tiendra le samedi 10 octobre 2026 à 17h : "Les ponts de Paris" (Stéphane Barbillon)

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Le grand magasin Au Bon Marché achevé en 1887
Source : Wikipedia

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